Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 14:53
Je saisis à pleine main une poignée de pétales. Les roses. Mes préférées. Je les porte à mes narines frémissantes au souvenir exquis de cette senteur inégalée. Délice des fleurs! Je les conserve serrées dans mon poing et achève de monter l'escalier. Je suis des yeux le chemin délicat qu'Elle a tracé jusqu'à sa chambre, jusqu'à cette antre chaude, pure, rassurante. Je prends garde à ne pas écraser ces gouttes nacrées, rosées, qui jonche le sol. J'en ramasse à nouveau, en dévore une et me met à sourire. Je viens d'entendre cette musique si familière qu'Elle aime autant que moi. Mon corps entier bous d'impatience et pourtant, par une volonté intrigante qui veut me voir languir davantage, je me suis arrêté. Je tends l'oreille, ferme les yeux. Je caresse du bout des doigts la fleur bombée, si douce. J'admire l'alchimie sonore qui monte à mes oreilles. La symbiose des violons mêlés à ces éclats choisis d'une voix féminine mystérieuse, m'enchante. J'ouvre les yeux. Réveil impétueux du désir... Je presse insensiblement le pas. La porte est entrouverte. Les effluves muscadées de son parfum m'entourent de leur charme enjôleur. J'entre. La lueur des innombrables bougies déposées dans toute la pièce laisse planer une demi-lumière, obscure clarté autrefois comptée. Elle est là. Lascivement étendue sur le lit. Mon regard suit la plante de ses pieds, remonte tel un collant satiné le long de sa jambe nue, s'arrête imperceptiblement sur son sexe à demi dévoilé, explore la surface parfaite de son ventre, chevauche le galbe de ses seins, s'insinue dans le creux de sa gorge, parcoure le relief fin et harmonieux de son visage, s'enfouit au cœur de sa chevelure. Je m'avance vers elle. Une part de moi s'amuse de voir du coin de l'œil le sillon rosé qu'Elle a poursuivi jusqu'au pied du lit. Je la contemple. Elle est attirante, désirable, belle enfin. Elle me souffle: « Viens » Je met un genou sur le rebord, m'installe au-dessus d'Elle. Je l'enserre de mes jambes. J'embrasse mon index et vient le poser sur ses lèvres mi-closes. Elle ouvre la bouche et je sens sa langue mouillée venir lécher amoureusement ce doigt porteur d'un baiser. Lentement, mon corps se penche plus en avant sur le sien. J'embrasse son front. Mon autre main vient se perdre dans ses cheveux odorants. Je laisse aller ma langue le long de sa tempe, descendre de sa pointe chaude sur sa joue. Un baiser. Deux. Une infinité. Je la sens. Je la touche. Je la savoure. Je croque gentiment le lobe fragile de son oreille. Je tiens plus fort dans mon poing sa crinière dorée. Une légère pression. Elle a compris et tourne légèrement la tête sur le côté. Ma langue brulante désormais déguste ce cou offert. Je me vois furtivement tel un vampire assoiffé de sang qui plongerais dans cette chair délicate pour en retirer toute la délicieuse substance. Je fais mine de mordre à mon tour. Elle me passe une main dans les cheveux en signe de complicité. Je joue toujours avec ma langue, descend encore. Je relève un peu la tête. Elle a les yeux fermés maintenant. Ses lèvres frémissent imperceptiblement. Je sens ses jambes se tordre, mues par ce désir animal. Je baisse la tête, ferme les yeux. Je baise ce sein riche, ferme, légèrement teinté d'auburn. La pointe rosée glisse dans ma bouche. J'imprime doucement d'abord une pression des lèvres. Sa main frôle ma taille, plonge sous moi, m'agrippe. Dextérité... J'accentue ma pression sur son téton divin, le contourne sans relâche. Je lâche sa chevelure, titille l'autre dôme tout aussi délicieux qui semblait s'impatienter. Je m'attarde. Ses caresses se font plus insistantes. Je m'arrête alors. Dans cette merveilleuse pièce qu'est l'amour, nous changeons d'acte. Je la sens se raidir. Elle sait. Je suis la route fantasmée tracée par la parfaite symétrie de sa poitrine. Ma langue, seule conductrice de ce parcours enchanteur, ne semble vouloir s'arrêter. Je cherche à tâtons ses poignets. Nos mains se lient. J'appuie ses paumes contre les miennes et les maintient solidement sur l'étoffe soyeuse du drap. Elle est à moi. Je suis à elle. Commence alors cet instant si fort que je peine à le décrire. Ce jeu d'une sensualité maximale, ce chatoiement de désir. Je m'amuse avec ma langue, je presse, embrasse, le lèche, dévore, caresse. Elle est là toute entière abandonnée. Elle pousse ces cris si appréciables, si sincères. Je me redresse et la regarde. Elle est d'une incroyable beauté en cet instant., tranquille, détendue, aimante. J'enlève les derniers tissus qui m'habillent encore et m'allonge sur elle. Mon désir n'a cessé de monter en moi. Me sentant plus proche, elle sourit et passe ses bras derrière ma tête. J'embrasse ses lèvres. Ici vient ce moment monstrueux de finesse, de sentiment. L'alchimie des corps. Magie d'une complémentarité physique qui se suffit à elle même! Elle s'ouvre telle une fleur. Elle pose ses grands yeux sur moi et doucement: « Je t'aime. » « Je t'aime chérie. » Sa bouche s'ouvre. Je colle la mienne. Nos langues se croisent, s'enlacent. La magie opère. Nous ne faisons qu'un. Pendant de longues minutes je ne pense à rien. Je ne suis nul part ailleurs qu'en elle, qu'avec elle. Même les yeux clos je la vois. Notre bonheur semble augmenter de concert. Je la serre de plus en plus. Elle me mord le cou sans retenue. Je le sens à peine. Soudain, je me perds définitivement. Elle a hurlé de plaisir. J'ai cru mourir de bonheur. Mille couleurs, mille pensées. Je suis traversé par une lucidité effarante en même temps que par une onde choc si savoureuse! Tout semble s'être arrêté autour de nous. La pâleur cireuse des bougies est irréelle. J'ouvre sans le vouloir mon poing fermé jusque alors. Les pétales écrasés tombent en volute sur son corps. Ma main a une légère teinte rosée. Je souris et presse ma paume contre mon visage, m'emplissant de l'odeur. Elle reste ainsi, sans bouger. Elle a l'air heureuse. Elle tourne la tête, me dévisage comme si elle sortait d'un songe. Je tombe sur elle et l'embrasse en riant.


Propriété de Guillaume Pommier; tous droits réservés
Par Pommier Guillaume
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 17:53

    Pour tous les parisiens qui se délectent des voyages effectués chaque jour ou épisodiquement dans le métro, peut-être aurez-vous aperçu au-dessus de vos têtes le même intitulé que celui nommant cet article.
    Loin d'être le titre d'une nouvelle sur ce blog, il s'agit en fait de celui d'un concours organisé par la RATP et clos depuis peu.
    Alors, effectivement, rien jusqu'ici ne permet de lier tout ceci à ce blog. Et pourtant si! Car ce concours, j'y ai participé! Et je me suis plié aux consignes qui me furent données alors que je me perdais dans une demi-torpeur matinale quelques jours auparavant, et qui tiennent en ces termes: "Regards échangés, amicaux, ambigus ou en coin… vous disposez de 160 signes pour décrire, « du bout des doigts », sur le clavier de votre téléphone portable, votre plus marquant regard."

    Ainsi investi de la mission métropolitaine qui m'était confié, j'ai sorti mon mobile et ai docilement tapé "du bout des doigts" le très court texte qui a sollicité cet article. Ce texte, je vous le soumets aujourd'hui, car, bien que valant peu de chose en somme, je crois que c'est plus le plaisir d'écrire en ayant le travail à peu prêt mâché de par le thème précis qui m'était imposé qu'autre chose qui me pousse à le poser sous vos yeux qui, je l'espère, daignerons croquer ce petit bout d'écriture, à peine suffisant pour rassasier l'appétit le moins aigü mais qui, peut-être, aura au moins la consistance d'un entremets... ;-)

Guillaume



La lueur bleutée de son regard se mêle à la blancheur immaculée de Trinité et je plonge dans ses yeux à toute vitesse, sombrant dans le doux tunnel de son iris.
Par Pommier Guillaume
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 11:57
Ouf! Enfin une nouvelle inédite sur ce blog qui se laisserait (presque) dépérir! J'ai le sentiment d'avoir dormi d'un sommeil agité pendant des jours et dont ce texte est le réveil tant espéré! Enfin, ça y est, "L'homme qui voulait marche par lui-même" est achevé.

Alors... par où commencer? Et bien disons que cette nouvelle me tenait à coeur car elle a pour thème une idée assez générale, à savoir la volonté de retrouver ce que l'on sait être sa véritable nature après en avoir été privé. La trame du texte offrait un point de vue que je sais original sansparvenir à déterminer si l'étude que j'en ai faite est satisfaisante... mais ça, c'est à vous d'en juger...
Quoi qu'il en soit, je veux croire que, niché au sein de la nouvelle, a été distillé l'idée fondamentale du respect de l'autre, de ses choix, de son "moi". En un mot, peut-être mes lectures actuelles de Voltaire, et notamment Traité sur la Tolérance, m'inspirent-elles dans la volonté de souligner, surligner, glorifier ce principe.
Pour revenir au fond de la nouvelle, j'avoue être très dubitatif quand à sa qualité. En la relisant, je ne me suis pas convaincu d'avoir écrit là la meilleure mais j'ai ressenti le besoin de vous la livrer car ma foi, l'opinion que je me fais de mes textes ne se base que sur vos appréciations ;)

Guillaume
Par Pommier Guillaume
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 11:56
La suite vous appartient...
Par Pommier Guillaume
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 16:01

Le retard pris quant à ma nouvelle sur la tentation sera compensé comme je me l'étais promis. Au fond, quand cela ne veut pas, je ne cherche point à presser la chose et j'attendrais donc qu'elle daigne m'accorder la couleur de ses mots et la force de son sujet pour me mettre à la composer. Néanmoins, comme je l'ai dit, il n'est pas question de laisser une semaine de plus ce blog sans quelque "richesse" (tout est relatif... ;) ). C'est pourquoi, j'ose croire qu'une nouvelle, "L'homme qui voulait marcher par lui-même", sera disponible dimanche. Outre son titre à rallonge, elle m'inspire depuis quelque temps maintenant et j'en ai le squelette, so, je m'y attellerais rapidement pour qu'elle puisse être très vite consutable.

A bientôt donc!

Guillaume
Par Pommier Guillaume
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