Lundi 12 janvier 2009
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Je saisis à pleine main une poignée de pétales. Les roses. Mes préférées. Je les porte à mes narines frémissantes au
souvenir exquis de cette senteur inégalée. Délice des fleurs! Je les conserve serrées dans mon poing et achève de monter l'escalier. Je suis des yeux le chemin délicat qu'Elle a tracé jusqu'à sa
chambre, jusqu'à cette antre chaude, pure, rassurante. Je prends garde à ne pas écraser ces gouttes nacrées, rosées, qui jonche le sol. J'en ramasse à nouveau, en dévore une et me met à sourire. Je
viens d'entendre cette musique si familière qu'Elle aime autant que moi. Mon corps entier bous d'impatience et pourtant, par une volonté intrigante qui veut me voir languir davantage, je me suis
arrêté. Je tends l'oreille, ferme les yeux. Je caresse du bout des doigts la fleur bombée, si douce. J'admire l'alchimie sonore qui monte à mes oreilles. La symbiose des violons mêlés à ces éclats
choisis d'une voix féminine mystérieuse, m'enchante. J'ouvre les yeux. Réveil impétueux du désir... Je presse insensiblement le pas. La porte est entrouverte. Les effluves muscadées de son parfum
m'entourent de leur charme enjôleur. J'entre. La lueur des innombrables bougies déposées dans toute la pièce laisse planer une demi-lumière, obscure clarté autrefois comptée. Elle est là.
Lascivement étendue sur le lit. Mon regard suit la plante de ses pieds, remonte tel un collant satiné le long de sa jambe nue, s'arrête imperceptiblement sur son sexe à demi dévoilé, explore la
surface parfaite de son ventre, chevauche le galbe de ses seins, s'insinue dans le creux de sa gorge, parcoure le relief fin et harmonieux de son visage, s'enfouit au cœur de sa chevelure. Je
m'avance vers elle. Une part de moi s'amuse de voir du coin de l'œil le sillon rosé qu'Elle a poursuivi jusqu'au pied du lit. Je la contemple. Elle est attirante, désirable, belle enfin. Elle me
souffle: « Viens » Je met un genou sur le rebord, m'installe au-dessus d'Elle. Je l'enserre de mes jambes. J'embrasse mon index et vient le poser sur ses lèvres mi-closes. Elle ouvre la
bouche et je sens sa langue mouillée venir lécher amoureusement ce doigt porteur d'un baiser. Lentement, mon corps se penche plus en avant sur le sien. J'embrasse son front. Mon autre main vient se
perdre dans ses cheveux odorants. Je laisse aller ma langue le long de sa tempe, descendre de sa pointe chaude sur sa joue. Un baiser. Deux. Une infinité. Je la sens. Je la touche. Je la savoure.
Je croque gentiment le lobe fragile de son oreille. Je tiens plus fort dans mon poing sa crinière dorée. Une légère pression. Elle a compris et tourne légèrement la tête sur le côté. Ma langue
brulante désormais déguste ce cou offert. Je me vois furtivement tel un vampire assoiffé de sang qui plongerais dans cette chair délicate pour en retirer toute la délicieuse substance. Je fais mine
de mordre à mon tour. Elle me passe une main dans les cheveux en signe de complicité. Je joue toujours avec ma langue, descend encore. Je relève un peu la tête. Elle a les yeux fermés maintenant.
Ses lèvres frémissent imperceptiblement. Je sens ses jambes se tordre, mues par ce désir animal. Je baisse la tête, ferme les yeux. Je baise ce sein riche, ferme, légèrement teinté d'auburn. La
pointe rosée glisse dans ma bouche. J'imprime doucement d'abord une pression des lèvres. Sa main frôle ma taille, plonge sous moi, m'agrippe. Dextérité... J'accentue ma pression sur son téton
divin, le contourne sans relâche. Je lâche sa chevelure, titille l'autre dôme tout aussi délicieux qui semblait s'impatienter. Je m'attarde. Ses caresses se font plus insistantes. Je m'arrête
alors. Dans cette merveilleuse pièce qu'est l'amour, nous changeons d'acte. Je la sens se raidir. Elle sait. Je suis la route fantasmée tracée par la parfaite symétrie de sa poitrine. Ma langue,
seule conductrice de ce parcours enchanteur, ne semble vouloir s'arrêter. Je cherche à tâtons ses poignets. Nos mains se lient. J'appuie ses paumes contre les miennes et les maintient solidement
sur l'étoffe soyeuse du drap. Elle est à moi. Je suis à elle. Commence alors cet instant si fort que je peine à le décrire. Ce jeu d'une sensualité maximale, ce chatoiement de désir. Je m'amuse
avec ma langue, je presse, embrasse, le lèche, dévore, caresse. Elle est là toute entière abandonnée. Elle pousse ces cris si appréciables, si sincères. Je me redresse et la regarde. Elle est d'une
incroyable beauté en cet instant., tranquille, détendue, aimante. J'enlève les derniers tissus qui m'habillent encore et m'allonge sur elle. Mon désir n'a cessé de monter en moi. Me sentant plus
proche, elle sourit et passe ses bras derrière ma tête. J'embrasse ses lèvres. Ici vient ce moment monstrueux de finesse, de sentiment. L'alchimie des corps. Magie d'une complémentarité physique
qui se suffit à elle même! Elle s'ouvre telle une fleur. Elle pose ses grands yeux sur moi et doucement: « Je t'aime. » « Je t'aime chérie. » Sa bouche s'ouvre. Je colle la
mienne. Nos langues se croisent, s'enlacent. La magie opère. Nous ne faisons qu'un. Pendant de longues minutes je ne pense à rien. Je ne suis nul part ailleurs qu'en elle, qu'avec elle. Même les
yeux clos je la vois. Notre bonheur semble augmenter de concert. Je la serre de plus en plus. Elle me mord le cou sans retenue. Je le sens à peine. Soudain, je me perds définitivement. Elle a hurlé
de plaisir. J'ai cru mourir de bonheur. Mille couleurs, mille pensées. Je suis traversé par une lucidité effarante en même temps que par une onde choc si savoureuse! Tout semble s'être arrêté
autour de nous. La pâleur cireuse des bougies est irréelle. J'ouvre sans le vouloir mon poing fermé jusque alors. Les pétales écrasés tombent en volute sur son corps. Ma main a une légère teinte
rosée. Je souris et presse ma paume contre mon visage, m'emplissant de l'odeur. Elle reste ainsi, sans bouger. Elle a l'air heureuse. Elle tourne la tête, me dévisage comme si elle sortait d'un
songe. Je tombe sur elle et l'embrasse en riant.
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